
Abdel Grooz sera sur la scène de la Maison de la culture Ahuntsic le 10 avril, dans le cadre du festival Babel Musiques. L’occasion d’une expérience musicale autour du genre Diwan, et surtout la possibilité d’une rencontre avec un artiste qui fait parler de lui depuis quelques années.
Il présentera un spectacle intitulé Diwan, un terme qui renvoie à la fois à un genre musical et à une expérience lyrique et spirituelle venue du désert algérien. Le Diwan puise ses origines chez les descendants d’esclaves subsahariens et chante une poésie, une souffrance et une forme de thérapie venues du fin fond du désert, sur des rythmes de transe.
Abdel Grooz sera accompagné sur scène de deux complices. D’abord, le trompettiste de jazz Rémi Cormier, avec qui il a déjà travaillé sur ses albums et sur scène. Ensuite, la chanteuse d’origine algérienne Meryem Saci, qui allie soul, R&B et hip‑hop avec un soupçon de sonorités nord‑africaines. Ils ont déjà collaboré sur le premier album d’Abdel Grooz, en 2019.
« Elle chante un peu sur ma musique et j’ai réarrangé une de ses œuvres. Je fais la même chose avec Rémi », souligne Abdel Grooz.
Rencontres
Le concert sera aussi l’occasion d’une rencontre avec Saïd Mesnaoui. Ce sera leur première collaboration. Musicien d’origine marocaine, Mesnaoui est probablement le précurseur du Gnawa à Montréal. Ce genre musical trouve aussi ses racines chez les populations subsahariennes, souvent exilées de force, il y a quelques siècles, dans le nord de l’Afrique.
Abdel Grooz, qui vit à Montréal depuis 2016, n’est pas arrivé à la musique par hasard. Ses biographies rappellent souvent qu’il a étudié à l’École des beaux‑arts d’Alger, mais, en réalité, il est tombé dans les sons et les mélodies quasiment à sa naissance.
« C’est un truc de famille. À l’âge de sept ans, je jouais déjà avec mon père. À l’âge de neuf ans, j’enregistrais mon premier single sur l’un de ses albums », souligne l’artiste.
Son père est un maître de la musique Diwan connu sous le nom de Maalem Mejbar. Au‑delà de cet héritage, l’artiste a su tracer son propre chemin, depuis les pistes sableuses du désert de ses racines aux routes enneigées du Québec.
Laboratoire musical
Outre ses albums et ses spectacles qui l’ont fait se produire sur des scènes à travers le Québec, le Canada et le monde entier, Abdel Grooz a également été directeur musical de Kalabanté Productions pendant trois ans pour le spectacle Afrique en Cirque, ce qui lui a presque permis de faire le tour du monde. Mais, bien à l’intérieur des frontières de Montréal, il dit y avoir trouvé son monde.
Bien que son inspiration vienne d’une tradition africaine, il veut que ses projets parlent à tout le monde.
« Montréal possède le plus grand Festival de jazz au monde. On reçoit des artistes de partout sur la planète, de gros noms ou des petits groupes », souligne‑t‑il.
Pour une idée, un projet, il est presque facile de trouver un bon musicien sur un instrument aussi unique qu’un Goumbri ou une Kora.
« J’ai découvert que Montréal est le meilleur endroit que j’appelle laboratoire. »
Un lieu où se mélange la diversité et où les gens se connectent. Lui‑même, dans sa pratique artistique, est le reflet de cette mixité.
« J’ai avec moi un batteur ivoirien, un guitariste coréen, un autre guitariste franco‑new‑yorkais, un pianiste cubain, c’est cela aussi la force des réseaux. »
Et puis, être canadien, cela a aussi ses avantages.
« Moi, je suis d’origine algérienne, je fais de la musique d’Afrique du nord, subsaharienne si on veut, mais, quand je me déplace en tant que Canadien, je suis bien reçu partout. »
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