
Insertion socioprofessionnelle, formation et encadrement : l’organisme Bois Urbain accompagne des personnes en difficulté vers un emploi en leur offrant une expérience concrète de travail.
« Le modèle dominant d’intégration dans nos sociétés, c’est le travail », rappelle le professeur associé en travail social à l’UQAM, Gérald Larose, mais de nombreuses personnes éprouvent des difficultés à entrer dans la vie active et sont ainsi marginalisées.
Bois Urbain cherche à combler cet écart en encadrant les participants qui sont formés dans l’organisme. Ces derniers découvrent le métier d’aide-ébéniste ou d’aide-finisseur.
M. Larose estime que la formation offerte par l’organisme n’offre pas seulement des compétences spécifiques liées au travail du bois. Des aptitudes du monde professionnel, comme la ponctualité, la discipline et le travail d’équipe, font partie intégrante du processus d’apprentissage, selon lui.
C’est d’ailleurs ce que les individus qui suivent un programme d’insertion socioprofessionnelle désirent le plus. « Les participants veulent connaître une véritable expérience de travail, être considérés comme un travailleur, se lever le matin, faire leurs heures et avoir un salaire, donc c’est vivre selon les conditions du travail », explique le professeur.
Des parcours loin d’être linéaires
Concrètement, un équilibre est requis dans cette approche : reproduire les exigences du marché du travail et, dans le même temps, tenir compte des réalités propres aux participants.
Accompagner les participants dépasse ainsi le cadre professionnel. Certaines personnes ont des problèmes d’immigration, de judiciarisation ou encore des difficultés à régler leur loyer.
C’est pourquoi la travailleuse sociale Raphaëlle Désourdy dispose des informations sur les participants afin d’offrir des solutions personnalisées aux obstacles qu’ils rencontrent.
Taniel Tanielian suit le programme de finition du bois afin de trouver un emploi qu’il apprécie vraiment, lui qui a quitté un emploi de bureau qu’il n’aimait plus. Après cinq mois au sein de Bois Urbain, il estime qu’il est mieux outillé pour intégrer un nouveau milieu de travail.
Il est aujourd’hui en recherche d’emploi pour son dernier mois dans le programme. « Avec toute l’expérience que j’ai acquise ici, je suis prêt à aller dans une grosse compagnie », avoue-t-il.
Pas de garantie
Alizé Yener est conseillère en emploi chez Bois Urbain et elle enseigne des ateliers apprenant aux participants à rédiger un CV et une lettre de motivation.
« L’idée est que nos participants soient autonomes dans la recherche d’emploi parce qu’après, ils se retrouvent seuls », souligne-t-elle.
Malgré la préparation offerte, l’employabilité n’est pas garantie. À Bois Urbain, le taux de placement est de 71 %.
Selon M. Larose, cela peut s’expliquer par le manque de temps de formation. Au Québec, la norme est de six mois, comme c’est le cas à Bois Urbain, mais certaines personnes ont besoin de plus d’heures d’apprentissage que d’autres.
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